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Les 5 meilleures plages de Zanzibar

Du sable presque farineux, une eau tiède couleur de lagon, des boutres à l’horizon.

À une quarantaine de kilomètres au large de Dar es Salaam, séparé du continent tanzanien par un bras de l’océan Indien, l’archipel de Zanzibar aligne près de cent kilomètres de littoral corallien. Le sable y est d’un blanc presque farineux, l’eau passe du vert d’eau au bleu profond selon la profondeur du récif, et la température de la mer descend rarement sous 26 °C. Pour qui hésite entre les Seychelles et l’île Maurice, l’île offre une troisième voie, plus brute et moins domestiquée.

Ancienne place forte du commerce des épices et de l’ivoire, Zanzibar a hérité de son passé sultanien une culture swahilie où se croisent l’Afrique, l’Arabie et l’Inde. Cette histoire se lit dans l’architecture de Stone Town, capitale historique classée par l’UNESCO, dont les portes de bois cloutées et les façades de corail rongées par le sel racontent trois siècles d’échanges. Elle se lit aussi sur les plages, jalonnées de boutres à voile latine et de villages de pêcheurs. Côté mer, la barrière de corail abrite des tombants et des jardins de gorgones qui font la réputation des sites de plongée. Voici six plages, du sud-est calme à la pointe nord animée, pour composer un séjour à la carte.

Bwejuu, la retenue du sud-est

Crédit photo : Bwejuu Beach Zanzibar by Rob

Régulièrement citée parmi les « 30 plus belles plages au monde », Bwejuu échappe pourtant à l’affluence. Sur la côte sud-est, protégée par un large lagon, elle déroule une bande de sable clair où les cocotiers plient sous l’alizé et où les pirogues remontent au fil de la marée. À marée basse, l’eau se retire sur plusieurs centaines de mètres et découvre des bassins tièdes où les villageoises récoltent les algues cultivées en carrés réguliers.

Pour prolonger ce calme, le Baraza Resort & SPA reprend le vocabulaire décoratif de l’époque du sultan. Arches ciselées, plafonds de bois sculpté, mobilier fait main et antiquités mêlent les influences arabe, indienne et swahilie. Une trentaine de villas seulement, chacune avec sa piscine privée, tiennent à distance la sensation de complexe : l’adresse joue la carte de l’intimité plutôt que celle du volume.

Bwejuu se prête aux journées lentes. On marche au petit matin sur le sable durci par la marée, on croise les récolteuses d’algues penchées sur leurs carrés, on regarde les boutres appareiller. Le village voisin garde son rythme de bourg de pêche, à mille lieues de l’agitation du nord : c’est précisément ce que viennent y chercher les habitués.

Nungwi, la pointe animée du nord

Crédit photo : Infinity pool overlooking the ocean in Zanzibar by Jason Bagley

À l’extrême nord de l’île, Nungwi concentre la plus forte densité d’hôtels de luxe de Zanzibar. L’ancien village de pêcheurs n’a pas disparu pour autant : on y construit encore des boutres à la main, sur la plage, à l’ombre des coques retournées. Le contraste fait tout l’intérêt du lieu, entre chantiers navals traditionnels et piscines à débordement tournées vers l’océan.

La géographie sert aussi les plongeurs. Située à l’aplomb de sites de classe mondiale, la pointe donne accès à des tombants et à des passages où croisent raies et bancs de carangues. Contrairement à la côte est, l’eau reste ici baignable à toute heure : la marée découvre peu le rivage, ce qui explique en partie la vogue de ce coin de l’île auprès des voyageurs.

En fin de journée, orientée plein ouest, Nungwi offre l’un des rares points de l’archipel d’où l’on voit le soleil se coucher directement sur l’océan. Les boutres de croisière quittent alors la plage pour des sorties au coucher du soleil, verre à la main, tandis que les tables de fruits de mer s’installent les pieds dans le sable.

Kendwa, baignable à toute heure

À quelques minutes de Nungwi, sa voisine Kendwa règle le principal désagrément des plages de Zanzibar : le retrait des eaux. Le fond y descend en pente franche et le sable, profond, reste couvert quel que soit le moment de la journée. On s’y baigne au lever comme au coucher du soleil, sans attendre le retour de la mer.

La plage a aussi sa réputation nocturne. Le samedi le plus proche de la pleine lune, ses bars organisent des Full Moon Parties qui rassemblent voyageurs et résidents jusqu’au petit matin. Cette double vie, farniente le jour et fête à la lune, lui a valu le surnom de « plage des millionnaires ». À réserver ou à éviter, selon l’ambiance que l’on cherche.

Kiwengwa, les longues étendues de l’est

Crédit photo : Zanzibar Sunset by mitchpa1984

Sur la côte est, Kiwengwa aligne l’une des plus longues étendues de sable blanc de l’île. La zone a connu une urbanisation rapide au cours des dernières années, avec l’arrivée de plusieurs complexes ; mais entre les hôtels subsistent des sections préservées, où le lagon vire au turquoise et où les récifs coralliens tiennent les vagues à distance.

C’est dans l’une de ces poches encore tranquilles que le Bluebay Beach Resort & Spa a pris pied, face au large. La plage se prête aux longues marches à marée basse, quand l’océan se retire et dégage une esplanade sableuse d’où l’on aperçoit, au loin, les voiles des pêcheurs rentrant au village. Kiwengwa offre ainsi un compromis : assez d’infrastructures pour ne manquer de rien, assez d’espace pour trouver, à quelques centaines de mètres des complexes, une portion de sable pour soi seul.

Paje, le rendez-vous des sports de glisse

Crédit photo : I’m gone for Fishing by Georgie Pauwels

Trois kilomètres de sable plat, un vent régulier et un lagon peu profond : la côte sud-est a fait de Paje la capitale du kitesurf et de la planche à voile de Zanzibar. Les écoles s’y succèdent, et par bon alizé, des dizaines de voiles rayent l’horizon au-dessus de l’eau turquoise. À marée haute, le lagon se remplit et les fonds proches, riches en poissons, offrent un terrain d’initiation à l’apnée à quelques brasses du bord.

À courte distance, le The Rock Restaurant occupe un rocher isolé, planté dans le lagon. On y accède à pied à marée basse, en barque à marée haute. La carte se limite à ce que rapportent les pêcheurs du jour : poissons grillés, langoustes et fruits de mer, servis face à l’océan. Réservez, la salle ne compte qu’une poignée de tables.

Matemwe, la côte préservée

Au nord-est, Matemwe fait figure d’exception : peu de constructions, une côte laissée à ses cocotiers et un récif corallien qui court à faible distance du rivage. Ce récif fait tout l’attrait des lieux pour les plongeurs, en apnée comme avec bouteilles, avec en ligne de mire l’atoll de Mnemba et ses jardins de corail réputés parmi les plus beaux de l’île.

Côté hébergement, The Retreat Matemwe joue l’exclusivité. L’adresse propose des villas dotées de leur propre piscine, de terrasses aménagées sur le toit et de vastes vérandas équipées de hamacs, ouvertes sur la mer. On y vient pour la discrétion et pour le récif à portée de palmes, davantage que pour l’animation, absente de ce bout de côte. C’est aussi le point de départ le plus court pour rejoindre en boutre l’atoll de Mnemba, réserve marine où les tortues vertes et les dauphins ne sont pas rares.

Réserver un hôtel de charme à Zanzibar

Zanzibar en pratique

L’archipel se rejoint par l’aéroport international Abeid Amani Karume, à quelques kilomètres de Stone Town. Plusieurs compagnies desservent l’île en vol direct depuis l’Europe et le Golfe ; à défaut, une correspondance par Dar es Salaam, sur le continent, prend une vingtaine de minutes de vol au-dessus du canal de Zanzibar.

La meilleure période court de juin à octobre, pendant la longue saison sèche, quand l’humidité retombe et que les journées s’enchaînent au sec. Reste la question des marées, déterminante dans le choix de la plage : la côte est, de Paje à Matemwe, se découvre largement à marée basse et impose de composer avec le rythme de l’océan, tandis que la pointe nord, autour de Nungwi et Kendwa, reste baignable en continu. À vous de placer le curseur entre lagon spectaculaire et bain à toute heure.