Charlie Chaplin y a dormi en 1936, Jacqueline Kennedy en 1967. La villa d’hôtes du roi Norodom Sihanouk, à un kilomètre des douves d’Angkor, est aujourd’hui l’une des adresses les plus fermées du Cambodge : vingt-quatre suites, pas une de plus. Le pays a longtemps été absent des cartes du voyage haut de gamme ; il rattrape ce retard avec une poignée de maisons qui jouent chacune une partition distincte.
Trois territoires structurent le choix. Siem Reap, base des temples, concentre les palaces historiques et les villas signées. Phnom Penh, la capitale, mise sur la hauteur et la table. La côte du golfe de Thaïlande, enfin, ouvre sur les îles privées où l’on n’accède qu’en bateau. Voici six adresses, retenues pour ce qui les singularise plutôt que pour la longueur de leur liste d’équipements.
| Hôtel | Ville / zone | Ce qui le distingue |
|---|---|---|
| Amansara | Siem Reap | Ancienne villa royale, 24 suites, Aman. |
| Raffles Grand Hotel d’Angkor | Siem Reap | Palace de 1932, piscine et Elephant Bar. |
| Shinta Mani Angkor | Siem Reap | Design Bill Bensley, villas à piscine privée. |
| Rosewood Phnom Penh | Phnom Penh | 14 étages en haut de la Vattanac Tower. |
| Six Senses Krabey Island | Côte / Krabey | Île privée, 40 villas à piscine. |
| Song Saa Private Island | Côte / Koh Rong | Deux îlots reliés, réserve marine. |
Siem Reap, aux portes d’Angkor
La ville vit au rythme des temples : lever avant l’aube pour Angkor Vat, retour au frais en milieu de journée. Les meilleures adresses se tiennent à moins de dix minutes des sites, entre héritage colonial et création contemporaine.
L’Amansara occupe l’ancienne villa d’hôtes du roi Norodom Sihanouk, construite en 1962 dans le style New Khmer Architecture de Vann Molyvann. Vingt-quatre suites seulement, plusieurs avec piscine privée, des lignes basses et un patio circulaire hérité des années 1960. La maison organise ses propres visites de temples, guides et voitures compris, et se réserve en direct auprès d’Aman.
Amansara
Ancienne résidence d’hôtes du roi Sihanouk, chef-d’œuvre moderniste des années 1960 : l’Amansara est l’adresse légendaire de Siem Reap, tenue par le groupe Aman. Une trentaine de suites autour de deux piscines, visites privées des temples d’Angkor, service sur-mesure. Elle ne se réserve pas sur Booking, mais en direct auprès d’Aman.
Site officiel →Le Raffles Grand Hotel d’Angkor ouvre en 1932. Sols en damier, ascenseur d’époque à grille, jardins dessinés et une piscine de forme libre qui fut longtemps la plus grande de la ville. L’Elephant Bar sert son gin tonic maison depuis des décennies ; les suites d’angle donnent sur les frangipaniers. C’est l’adresse du Siem Reap colonial, tenue avec le service d’une grande maison.
Le Shinta Mani Angkor porte la signature de Bill Bensley, décorateur installé à Bangkok. Ses dix villas à piscine s’étendent sur 156 m² chacune, avec pavillons séparés pour la chambre et le bain, bassin privé de neuf mètres et majordome disponible en continu. La table met en avant les produits khmers, et la fondation maison finance formation hôtelière et projets locaux.
Phnom Penh, la capitale en hauteur
La capitale se visite pour le Palais royal, le musée national et les quais du Tonlé Sap. Côté hébergement, elle joue une carte que Siem Reap n’a pas : la verticalité.
Le Rosewood Phnom Penh occupe les quatorze étages supérieurs de la Vattanac Capital Tower, gratte-ciel de 188 mètres reconnaissable à sa silhouette courbe. Le bar Sora, en encorbellement au sommet, avance dans le vide au-dessus de la ville. La suite Norodom House aligne chambre, bureau et salle à manger sous la garde d’un majordome ; les vues embrassent le fleuve et le dédale des toits. Une adresse urbaine, pensée pour un séjour de ville avant ou après les temples.
La côte et les îles privées
Au sud, le golfe de Thaïlande dessine un chapelet d’îles au large de Sihanoukville. On y accède en bateau, pour quelques jours de mer après la poussière des temples. Deux adresses y règnent, chacune sur son propre bout de terre.
Six Senses Krabey Island couvre douze hectares à une vingtaine de minutes de bateau de la côte. Quarante villas à piscine privée, une architecture de bois et de pierre fondue dans la végétation, et le programme de bien-être qui a fait la réputation du groupe. La cuisine puise dans le potager de l’île, et la démarche environnementale — eau embouteillée sur place, plastique proscrit — fait partie du séjour, pas de l’argumentaire.
Song Saa Private Island relie deux îlots de l’archipel de Koh Rong par une passerelle de bois, au-dessus d’une réserve marine créée par les propriétaires. Villas sur pilotis ou en bord de plage, la plupart avec piscine tournée vers le large. Le récif protégé se visite masque sur le nez, à quelques brasses des terrasses. L’adresse la plus intime de la côte, pour qui cherche l’isolement plutôt que l’animation.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure saison pour un séjour de luxe au Cambodge ?
La saison sèche, de novembre à février, offre un ciel dégagé et des températures plus supportables pour visiter les temples. C’est aussi la période la plus demandée : mieux vaut réserver trois à six mois à l’avance, surtout pour les suites et les villas à piscine.
Faut-il choisir Siem Reap ou Phnom Penh ?
Les deux se complètent. Siem Reap sert de base aux temples d’Angkor et concentre les palaces historiques. Phnom Penh, la capitale, se prête à un séjour urbain plus court, autour du Palais royal et de la gastronomie. Un itinéraire classique combine deux à trois nuits dans chaque ville, souvent prolongé par la côte.
Comment rejoint-on les îles privées comme Six Senses ou Song Saa ?
On rallie d’abord Sihanoukville, par vol intérieur depuis Phnom Penh ou Siem Reap, puis un transfert en bateau organisé par l’hôtel : une vingtaine de minutes pour Krabey, une trentaine pour Song Saa. Les traversées se calent sur les horaires de vol, à confirmer au moment de la réservation.
Peut-on réserver l’Amansara sur les plateformes habituelles ?
Non. Comme les autres adresses du groupe Aman, l’Amansara se réserve en direct auprès de la maison ou via une agence spécialisée, et non sur les plateformes de réservation grand public. Le tarif inclut généralement les excursions vers les temples, guide et véhicule compris.
Ces hôtels conviennent-ils à un voyage de noces ?
Oui, en particulier les villas à piscine privée de l’Amansara, du Shinta Mani et des deux adresses insulaires, qui offrent l’intimité recherchée pour un voyage de noces. Les îles privées, accessibles en bateau et limitées à quelques dizaines de villas, se prêtent le mieux à un séjour à deux au calme.
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Notes et avis des hôtels : Booking.com (indicatifs). Amansara : réservation directe Aman. Photo d’ouverture : Serg Alesenko / Pexels.