À Buenos Aires, le luxe a l’élégance feutrée d’un palais parisien posé au bout du monde.
Sur l’Avenida Alvear, à la lisière de Recoleta, quatre ambassades et une poignée de maisons de couture se partagent trois cents mètres de trottoir. C’est là, au numéro 1891, que l’Alvear Palace ouvre ses portes en 1932. La géographie du luxe à Buenos Aires tient largement dans cette adresse et dans quelques autres, réparties entre trois quartiers aux tempéraments opposés.
Choisir son hôtel dans la capitale argentine, c’est d’abord choisir un quartier. Recoleta cultive l’héritage Belle Époque et la proximité des musées ; Palermo vit la nuit, entre bars à cocktails et tables du moment ; Puerto Madero aligne ses docks réhabilités le long du Río de la Plata. Voici les adresses qui comptent, quartier par quartier, avec ce qui les distingue vraiment.
Recoleta, le quartier des grandes maisons
C’est le Recoleta des avenues arborées, des hôtels particuliers et du cimetière où repose Eva Perón. Le quartier concentre les palaces historiques de la ville, à quelques rues du Musée national des beaux-arts et du théâtre Colón. Pour un premier séjour, difficile de trouver plus central ni plus élégant.
L’Alvear Palace Hotel reste la grande dame de Buenos Aires. Derrière sa façade néoclassique de 1932, les majordomes gantés de blanc, le salon de thé L’Orangerie sous sa verrière et les chambres meublées d’ancien entretiennent une tradition d’hôtellerie française transposée sur le Río de la Plata. On y vient pour l’adresse autant que pour le service.
À deux rues, le Palacio Duhau – Park Hyatt joue une autre partition : un palais Belle Époque relié à une tour contemporaine par un jardin en terrasses, rare respiration verte dans ce quartier dense. Sa cave à fromages affinés et le spa en sous-sol en font l’un des choix les plus complets de la ville, entre patrimoine et confort actuel.
Le Four Seasons Hotel Buenos Aires repose sur le même principe d’assemblage : une tour des années 1990 et, à côté, La Mansión, un hôtel particulier de style Beaux-Arts qui abrite les suites les plus prisées. Le restaurant Elena, avec sa cave de viandes maturées et ses jambons pendus au plafond, s’est imposé comme l’une des tables carnées de référence de la capitale.
Palermo, l’esprit boutique
Palermo se décline en sous-quartiers – Soho, Hollywood, Chico – et vit surtout à la tombée du jour, autour de ses bars à cocktails et de ses tables ouvertes tard. Ici, le luxe se fait plus discret et plus personnel : peu de palaces, mais des maisons d’une vingtaine de chambres où l’on est reçu par son prénom.
Le BE Jardin Escondido by Coppola occupe l’ancienne maison de Francis Ford Coppola à Palermo Soho : patio-jardin, piscine et bibliothèque, dans l’esprit d’une villa privée. Une poignée de suites, à deux pas des boutiques de créateurs.
Plus intime encore, le Luciana Palermo Soho tient de la maison d’hôtes design, au centre des bars et des parrillas du quartier. Les grandes maisons de Palermo — Legado Mítico, Home Hotel, Fierro — complètent l’offre boutique.
Puerto Madero, les docks au bord du fleuve
Ancien port de commerce réhabilité dans les années 1990, Puerto Madero est le quartier le plus récent et le plus sûr de la ville. Ses entrepôts de brique rouge bordent des bassins traversés par la passerelle blanche de Calatrava, le Puente de la Mujer. On y séjourne pour le calme, les vues sur l’eau et la proximité de la réserve écologique.
Le Faena Hotel Buenos Aires, aménagé par Philippe Starck dans un ancien silo à grains, en est la pièce maîtresse. Velours rouge, licornes dorées, cabaret et piscine à l’ambiance théâtrale : l’hôtel assume une mise en scène qui ne ressemble à aucune autre en ville. Son spectacle de tango, le Rojo Tango, se réserve des semaines à l’avance.
Plus sobre, l’Alvear Icon Hotel occupe une tour de verre et offre depuis ses étages supérieurs une vue plongeante sur le fleuve et la ville. Sa piscine et son bar au sommet, le Crystal Bar, comptent parmi les meilleurs points de vue nocturnes de Buenos Aires. C’est la déclinaison contemporaine de la maison Alvear, à l’opposé exact du palace de Recoleta.
Questions fréquentes
Dans quel quartier loger à Buenos Aires ?
Pour un premier séjour, Recoleta offre le meilleur compromis : central, patrimonial, proche des grands musées. Palermo conviendra à ceux qui veulent sortir à pied le soir, entre bars et restaurants. Puerto Madero, plus calme et sécurisé, séduit les voyageurs en quête de tranquillité et de vues sur le fleuve.
Quelle est la meilleure saison ?
L’automne austral (mars à mai) et le printemps (septembre à novembre) offrent les températures les plus douces, entre 18 et 24 °C. L’été (décembre-février) peut être lourd et humide ; l’hiver reste tempéré mais gris. Les tarifs hôteliers grimpent pendant les grands événements, comme le championnat de tango en août.
Où voir un vrai tango et bien dîner ?
Le Rojo Tango du Faena reste la référence des spectacles d’hôtel. Pour la table, les parrillas d’Elena (Four Seasons) et les caves du Palacio Duhau valent le détour ; côté ville, Palermo concentre la scène gastronomique du moment. Accompagnez d’un Malbec de Mendoza, le cépage emblématique du pays.
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Notes et avis : Booking.com (indicatifs). Photo d’ouverture : Paula Nardini / Pexels.