Lux·Travel

La ville bleue au Maroc : pourquoi vous devez visiter Chefchaouen

Le bleu recouvre tout à Chefchaouen : les façades, les ruelles, les marches des escaliers, jusqu’aux moindres recoins. Ce lavis outremer n’explique pourtant pas à lui seul pourquoi la ville revient sur presque tous les itinéraires marocains. Voici ce qu’il faut savoir avant de rejoindre la cité bleue du Maroc.

Ruelle en escalier de la médina bleue de Chefchaouen, avec porte à zellige et pots de fleurs

Chefchaouen, la ville bleue du Rif

Chefchaouen se niche au nord du Maroc, adossée à un relief verdoyant : l’arrivée, déjà, tient du panorama. Son nom signifie « deux cornes », en référence aux deux sommets du Rif que l’on aperçoit depuis la ville. Quant au bleu omniprésent, les habitants lui prêtent une vertu : éloigner le mauvais œil et tenir à distance ceux qui voudraient nuire.

Chefchaouen compte parmi les étapes les plus apaisées du royaume. Face à l’effervescence de Marrakech ou de Fès, on n’y subit pas la pression des marchands rivalisant pour placer leurs tapis. Après le tumulte des grandes villes, la cité de montagne invite à ralentir, à respirer. Comptez au moins deux jours pour vous imprégner de son atmosphère.

Ruelle de la médina de la ville bleue

Perdez-vous dans les ruelles tortueuses de la médina — le nom de la vieille ville —, longez les petites places et les façades bleues. Vous vous égarerez, forcément, mais chaque angle réserve un nouveau cadrage. Même les visiteurs qui reviennent saison après saison y débusquent des recoins encore inconnus, et s’y perdent malgré tout. Un mot suffit pour se repérer : demandez la Grande Place, tout le monde sait où elle se trouve.

La place principale de la médina est le point le plus animé de la ville, et un bon départ pour explorer Chefchaouen. Cafés et restaurants s’y succèdent, entre artistes de rue et boutiques. Tapis, foulards, vêtements, bijoux, maroquinerie, vaisselle, souvenirs : les échoppes couvrent à peu près tout ce que l’on peut chercher.

Au cœur de la médina, la Kasbah du XVe siècle et ses jardins abritent un petit musée ethnographique ; depuis ses tours crénelées, le regard plonge sur une mer de toits bleus. Pour respirer, le parc national de Talassemtane, à une quarantaine de kilomètres, déroule cédraies et cascades.

Des prix fixes ? Pas au Maroc !

Le commerce classique n’a pas cours au Maroc : rares sont les boutiques qui affichent une étiquette. La négociation s’apprend, et elle en vaut la peine. Quand le vendeur annonce un prix, proposez-en la moitié, puis avancez pas à pas, en ayant fixé d’avance le maximum que vous êtes prêt à payer. Sinon, tentez l’échoppe voisine ou revenez plus tard. L’essentiel : ne jamais laisser paraître que l’objet vous tient à cœur, d’où l’utilité d’un bon visage de poker. Gardez de la petite monnaie sur vous, car glisser « il ne me reste que cinq euros » reste un argument. Oui, on paie presque partout en euros.

Mieux vaut malgré tout conserver quelques dirhams — la monnaie marocaine — en poche : certains petits cafés et restaurants n’acceptent que la monnaie locale. Bonne nouvelle, la carte y affiche des prix, et le marchandage vous est épargné.

Les meilleurs endroits pour manger à Chefchaouen

Reste la question de la table. Ici, on renonce aux smoothies détox, aux bowls et aux lattes au soja vanille allégés : la ville bleue cultive un autre registre, et ses cafés ont leur caractère. Chez Hicham, une vaste terrasse sert les plats typiques de la région, dans un va-et-vient permanent qui fait partie du décor. Prenez le temps d’y embrasser du regard les toits bleus et les crêtes du Rif.

L’Estrella, elle, se cache dans une ruelle qui donne sur la place principale ; ses coussins et son mobilier bariolés en font un décor prisé des photographes. On y mange bien, et l’on y presse un jus d’orange qui, au Maroc, se trouve à chaque coin de rue pour moins d’un euro. La cure de vitamine C est assurée.

Que mangent et boivent les gens au Maroc ?

La cuisine marocaine se reconnaît à ses épices : muscade, cannelle, clou de girofle, gingembre, safran. La plus fameuse reste le ras el hanout, un assemblage d’environ 35 épices. C’est lui qui donne au tajine et au couscous — les plats nationaux — leur saveur orientale si reconnaissable.

Le tajine se décline à l’infini : mouton, chèvre, bœuf ou chameau, légumes frais, raisins secs, olives. Le mot désigne à la fois le plat et son mode de cuisson. Tous les ingrédients, épices comprises, mijotent à feu doux dans un pot de terre cuite. On le pose ensuite au centre de la table et l’on y pioche ensemble, directement dans le récipient.

Des pains plats (khobz) et des olives accompagnent chaque plat. Une bière fraîche ou un verre de vin ? Il faudra s’en passer : l’islam proscrit l’alcool aux croyants. Quelques établissements haut de gamme en servent, à prix fort, mais on s’en dispense sans regret. Reste le thé à la menthe, surnommé « whisky marocain » et boisson nationale à part entière : un thé vert bouilli longuement, très sucré, relevé de feuilles de menthe fraîches. On le trouve à peu près partout ; d’une douceur franche, il se révèle étonnamment bon.

La meilleure vue sur la ville bleue

Après la table, place à l’effort. Direction la mosquée Jamaa Bouzzafer, dite mosquée espagnole, à environ 1,5 km de la ville et quelque 300 m plus haut. L’ascension demande une vingtaine de minutes et fait transpirer, surtout l’été. La récompense : une vue dégagée sur la mer de toits bleus.

Vue panoramique de la ville de Chefchaouen - Maroc

Conseil : oubliez les tongs et les sandales lâches pour la montée, le terrain ne pardonne pas. Et emportez assez d’eau.

Les environs se prêtent à la marche. Parmi les buts d’excursion, le Pont de Dieu : une arche de pierre façonnée par la nature, à quelque 25 m au-dessus de la rivière Farda. Comptez une trentaine de minutes pour l’atteindre. Prévoyez un maillot et une journée sans programme ; quelques petits restaurants sont là pour combler un creux.

Chefchaouen en pratique : y aller et quand partir

Depuis Tanger, Chefchaouen se rejoint en deux heures de route ; comptez environ quatre heures depuis Fès, en bus CTM ou en grand taxi collectif. Les mois les plus doux vont d’avril à mai et de septembre à octobre, quand la lumière fait vibrer le bleu sans la fournaise de l’été. Gardez des dirhams pour les petits cafés et couvrez épaules et jambes dans la médina, par respect pour les habitants.

Réserver une excursion à Chefchaouen

À lire aussi : que faire à Taghazout, côté océan

Bon à savoir avant de partir — Perchée à plus de 600 mètres dans le Rif, Chefchaouen connaît des soirées fraîches, surtout en hiver. Et si votre prochaine escapade vous mène vers des latitudes plus rudes, une veste chauffante change tout le confort du voyage.