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Que faire dans les Asturies ? Le guide d’un séjour de luxe

Des sommets calcaires qui tombent dans le Cantabrique, des villages de pêcheurs étagés au-dessus de leur port, des églises préromanes plus vieilles que le roman : les Asturies sont l’Espagne verte, restée à l’écart des circuits.

Coincées entre la mer et la cordillère, au nord-ouest de l’Espagne, les Asturies alignent un parc national — le premier du pays —, une côte de criques sauvages, une capitale médiévale classée à l’UNESCO et, depuis 2025, le premier restaurant trois-étoiles de son histoire. On y vient pour la nature et la table, loin de la foule qui se presse plus au sud.

Ce guide réunit ce qui mérite le voyage : les Picos de Europa et Covadonga, l’art préroman d’Oviedo, les villages de la côte, la gastronomie du cidre à la haute cuisine, un itinéraire de cinq jours et les adresses où poser ses valises.

Lacs de Covadonga (Enol et Ercina), parc national des Picos de Europa
Les lacs de Covadonga, Enol et Ercina, dans le parc national des Picos de Europa — Photo : JavierOlivares / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Pourquoi les Asturies, maintenant

Longtemps réservées aux Espagnols du Nord, les Asturies sortent de la confidentialité sans rien perdre de leur caractère. Le déclencheur : en 2025, Casa Marcial (Arriondas) est devenu le premier trois-étoiles Michelin de la région, portant l’attention sur une gastronomie longtemps sous-estimée. Autour, une dizaine de tables étoilées, une AOP cidricole vivante et un vignoble de montagne qui renaît, la DOP Cangas.

Le décor, lui, n’a pas changé : la même Espagne verte, arrosée et douce, où l’on passe en une heure des cimes enneigées des Picos aux criques du Cantabrique. C’est cette combinaison — grande nature, patrimoine rare, table de haut vol — qui fait des Asturies une destination de choix pour qui a déjà fait l’Andalousie et la Catalogne.

Les Picos de Europa et Covadonga

Premier parc national d’Espagne (créé en 1918), les Picos de Europa dressent leurs murailles calcaires à quelques kilomètres seulement de la mer, sur trois provinces. Côté asturien, tout commence à Cangas de Onís, ancienne capitale du royaume, et son pont médiéval — dit « romain » — d’où pend la Croix de la Victoire.

Pont romain de Cangas de Onís enjambant le Sella, Asturies
Le pont médiéval dit « romain » de Cangas de Onís, sur le Sella — Photo : Jose Luis Cernadas Iglesias / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Au-dessus, le sanctuaire de Covadonga — la Santa Cueva creusée dans la falaise et sa basilique néoromane — précède la montée vers les lacs d’Enol et de la Ercina, miroirs d’altitude cernés de pâturages. En haute saison, la route se prend en navette : on gagne en tranquillité ce qu’on perd en liberté d’horaire.

Pour aller plus loin, deux classiques : le funiculaire de Bulnes, qui grimpe sous la roche jusqu’à un village sans route, et la Ruta del Cares, sentier taillé à flanc de gorge entre Poncebos et Caín — l’une des plus belles marches d’Espagne.

Ruta del Cares, sentier vertigineux des Picos de Europa
La Ruta del Cares, sentier vertigineux creusé dans la gorge — Photo : AnaisGoepner / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Plusieurs de ces sorties se réservent à l’avance, transport compris :

Lacs de Covadonga, Cangas de Onís et Lastres dès 47 €
Lacs de Covadonga, Cangas de Onís et LastresDepuis Oviedo · journée · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →
Picos de Europa : Bulnes en funiculaire et Cabrales dès 69 €
Picos de Europa : Bulnes en funiculaire et CabralesDepuis Oviedo · journée · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →
Descente en canoë sur la rivière Nalón dès 45 €
Descente en canoë sur la rivière NalónDepuis Oviedo · 3h30 · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →

Oviedo et l’art préroman asturien

Capitale discrète et bourgeoise, Oviedo aligne une vieille ville pavée, une cathédrale gothique — la San Salvador, dont la Cámara Santa garde les croix-reliquaires du royaume — et surtout un trésor rare : l’art préroman asturien.

Sur le mont Naranco, à deux pas de la ville, Santa María del Naranco (ancien palais royal du IXe siècle) et San Miguel de Lillo dressent des lignes d’une pureté saisissante, bien antérieures au roman. Avec San Julián de los Prados et la Foncalada, elles forment un ensemble classé à l’UNESCO, unique en Europe.

Santa María del Naranco, art préroman asturien classé UNESCO, Oviedo
Santa María del Naranco, chef-d’œuvre de l’art préroman asturien, au-dessus d’Oviedo — Photo : Zarateman / Wikimedia Commons (CC0)
Cathédrale San Salvador d'Oviedo, Asturies
La cathédrale San Salvador d’Oviedo et sa Cámara Santa — Photo : Simon Burchell / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Plus loin, Gijón la maritime déroule le quartier de pêcheurs de Cimavilla et le colosse de l’Universidad Laboral ; Avilés abrite le Centro Niemeyer, seule œuvre du Brésilien Oscar Niemeyer en Espagne, active toute l’année.

La côte : villages et criques confidentiels

Entre deux échappées en montagne, la côte asturienne réserve ses plus belles surprises. À l’ouest, Cudillero étage ses maisons colorées en amphithéâtre au-dessus d’un port minuscule ; tout près, la Playa del Silencio mérite son nom : une crique sauvage au bas d’un escalier, sans le moindre service.

Village de pêcheurs de Cudillero étagé au-dessus de son port, Asturies
Cudillero, village de pêcheurs étagé au-dessus de son port — Photo : Vilanchelo / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Playa del Silencio, crique sauvage de la côte asturienne
La Playa del Silencio, crique sauvage de la côte occidentale — Photo : C.lingg / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

À l’est, Llanes aligne un port historique, les cubes peints d’Agustín Ibarrola et un chapelet de plages ; ses environs cachent des curiosités naturelles — les bufones, geysers marins qui rugissent par grosse houle, et la playa de Gulpiyuri, plage minuscule posée en pleine prairie, loin de la mer.

Côte et falaises de Llanes, Asturies
Le littoral découpé de Llanes — Photo : Spanish Coches / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Entre les deux, Ribadesella garde son front de mer d’« indianos » et la grotte ornée de Tito Bustillo, sanctuaire paléolithique classé à l’UNESCO ; Lastres, village de pêcheurs à flanc de falaise, compte parmi les plus photogéniques du pays.

Coucher de soleil sur la ria de Ribadesella, Asturies
La ria de Ribadesella au crépuscule — Photo : Gabriel Villena from Albacete, España / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

À table : cidre, fabada et trois étoiles

Les Asturies se mangent autant qu’elles se marchent. Le socle, c’est le cidre (AOP Sidra de Asturias) : on le verse de haut, bouteille au-dessus de la tête et verre en contrebas — l’escanciado — pour l’aérer, et on le boit d’un trait. Les villes cidricoles, Nava et Villaviciosa, en ont fait un art de vivre.

Côté assiette : la fabada (haricots blancs, chorizo et morcilla), le queso de Cabrales affiné en grotte de montagne, le poisson des ports du Cantabrique. Et, au sommet, la haute cuisine : Casa Marcial (trois étoiles, une étoile verte), mais aussi Casa Gerardo, Auga à Gijón, El Corral del Indianu, le Real Balneario de Salinas — une densité étoilée rare pour une région aussi peu peuplée. À l’ouest, le vignoble de montagne DOP Cangas complète le tableau.

Cinq expériences signatures

Au-delà des visites, cinq moments donnent le ton d’un séjour asturien :

01

Les lacs de Covadonga au lever du jour

Monter avant la première navette, quand la brume s’accroche encore aux pâturages et que les lacs sont pour vous seuls : le parc national dans son plus simple appareil.

02

Le funiculaire de Bulnes

Un train souterrain qui grimpe dans la roche jusqu’à un village sans route, cerné par les cimes : dix minutes hors du temps, puis un déjeuner de montagne face aux Picos.

03

Dîner chez Nacho Manzano

La première table trois-étoiles de la région, à Arriondas : la haute cuisine asturienne dans un ancien relais familial. À réserver longtemps à l’avance.

04

Un escanciado dans une sidrería

À Nava ou Villaviciosa, apprendre le geste du cidre versé de haut, entre fabada et Cabrales : le rituel le plus asturien qui soit.

05

Tito Bustillo, l’art des origines

Descendre, sur réservation et en petit comité, dans un sanctuaire orné il y a plus de dix mille ans : l’un des grands ensembles d’art rupestre d’Europe.

Combien de temps ? Un séjour de 5 jours

Cinq jours permettent d’équilibrer la montagne, la côte et les villes, sans course. On installe un camp de base près des Picos, un autre sur la côte.

1

Jour 1 — Oviedo

Le préroman

Vieille ville, cathédrale et Cámara Santa, montée au Naranco pour Santa María et San Miguel de Lillo.

2

Jour 2 — Picos & Covadonga

Le parc national

Cangas de Onís, sanctuaire de Covadonga, lacs d’Enol et de la Ercina en navette.

3

Jour 3 — Cœur des Picos

Bulnes & Cares

Funiculaire de Bulnes ou Ruta del Cares, déjeuner de montagne, Cabrales.

4

Jour 4 — Côte est

Villages & UNESCO

Ribadesella et Tito Bustillo, Llanes et ses bufones, Lastres au coucher du soleil.

5

Jour 5 — Côte ouest

Criques & design

Cudillero, Playa del Silencio, Avilés et le Centro Niemeyer, Gijón.

Où dormir : paradores et casonas de indianos

L’hébergement de caractère se partage entre les paradores (hôtels d’État installés dans des monuments), les casonas de indianos — ces demeures bâties par les émigrés revenus enrichis des Amériques, aujourd’hui hôtels de charme sur la côte — et quelques resorts de campagne. Trois adresses réservables en ligne, de la porte des Picos au bord de mer :

Parador de Cangas de Onís 9,0
Parador de Cangas de OnísVillanueva · ParadorUn ancien monastère bénédictin (San Pedro de Villanueva) au bord du Sella, à la porte des Picos de Europa : cloître roman, chambres sobres et point de départ idéal pour Covadonga.Voir sur Booking →
Hotel Villa Rosario 9,2
Hotel Villa RosarioRibadesella · Casona de indianosUn palacete de 1902 bâti par un émigré revenu des Amériques, planté en première ligne sur la plage de Ribadesella : façade classée, vues sur le Cantabrique et centre historique à pied.Voir sur Booking →
Puebloastur Eco Resort 9,3
Puebloastur Eco ResortCofiño (Arriondas) · 5 étoiles Gran LujoUn cinq-étoiles de campagne face aux Picos : grand spa, parc et vues sur la montagne, à quelques minutes des tables de Nacho Manzano à Arriondas. Le grand confort au vert.Voir sur Booking →

Et deux autres, pour prolonger vers l’arrière-pays et le vignoble :

AdresseOùCe qui la distingueRéserver
Parador de CoriasCangas del NarceaUn monastère bénédictin du XIe siècle surnommé « l’Escorial asturien », dans le vignoble de montagne DOP Cangas.Voir sur Booking →
Palacio de CutreVillamayor (Piloña)Un palais du XVIe siècle transformé en hôtel de charme, sur les hauteurs de l’arrière-pays, entre mer et montagne.Voir sur Booking →
Deux adresses de caractère pour prolonger vers l’arrière-pays et le vignoble ; le DOP Cangas, à l’ouest, reste la facette la plus confidentielle de la région.

Quand partir et climat

Les Asturies doivent leur vert à leur climat océanique : doux, mais arrosé. Le calendrier compte donc autant que la destination.

SaisonCe qu’on y vitNotre verdict
Fin mai-juinPrairies fleuries, longues journées, pluies plus rares, côte calmeIdéal
Juil.-aoûtLe plus sûr côté météo, mais côte et Covadonga fréquentésRéserver tôt
Sept.-début oct.Mer encore douce, lumière d’automne, affluence en retraitLe meilleur compromis
Nov.-avrilVert intense, montagne enneigée, pluies fréquentesVilles & table
Sur la côte, comptez environ 1 000 mm de pluie par an : prévoyez toujours une veste, même en été.

Pratique : accès et réservations

Accès. L’aéroport des Asturies (OVD) est à ~40 km d’Oviedo et de Gijón ; une liaison directe saisonnière le relie à Paris-Orly, sinon on passe par Bilbao ou Santander puis l’A-8, ou par le train depuis Madrid. Une voiture est indispensable pour la côte et la montagne. Covadonga. Navette obligatoire pour les lacs en haute saison : renseignez-vous sur les dates de l’année en cours. Tito Bustillo. Ouverture saisonnière (mars-octobre), du mercredi au dimanche, sur réservation et en nombre limité. Grandes tables. Casa Marcial et les autres étoilés se réservent plusieurs semaines à l’avance. Formalités. Espace Schengen, aucune pour les Français ; monnaie : l’euro.

Pour prolonger côté villes, voir aussi notre guide de Séville et nos hôtels de luxe à Barcelone.

Questions fréquentes

Quand partir dans les Asturies ?

La région, océanique, reste verte parce qu’elle est arrosée : le meilleur compromis va de fin mai à juin et de septembre à début octobre, quand les journées sont longues, les pluies plus rares et les foules de juillet-août encore absentes. L’été est le plus sûr côté météo, mais aussi le plus fréquenté sur la côte et à Covadonga.

Comment se rendre dans les Asturies depuis la France ?

L’aéroport des Asturies (code OVD), à une quarantaine de kilomètres d’Oviedo et de Gijón, reçoit une liaison directe saisonnière depuis Paris-Orly (quelques rotations par semaine). Hors saison, on rejoint la région via Bilbao ou Santander puis l’autoroute côtière A-8, ou en train depuis Madrid. Une voiture est indispensable une fois sur place.

Peut-on monter aux lacs de Covadonga en voiture ?

En haute saison (grosso modo de juin à la mi-octobre, plus certains ponts et week-ends de printemps), la route des lacs d’Enol et de la Ercina est fermée aux véhicules privés : l’accès se fait en navette depuis Cangas de Onís ou Covadonga, avec un billet aller-retour et des départs réguliers. Hors période régulée, on peut monter en voiture, mais le parking se remplit très vite.

Quelle est la table à ne pas manquer ?

Casa Marcial, à Arriondas, est depuis 2025 le premier trois-étoiles Michelin de l’histoire des Asturies (cuisine de Nacho Manzano). La région compte une dizaine d’autres tables étoilées — Casa Gerardo, Auga, El Corral del Indianu, Real Balneario — et une tradition cidricole vivante : réservez les grandes tables plusieurs semaines à l’avance.

Qu’est-ce que l’art préroman asturien ?

C’est un style architectural propre au royaume des Asturies (VIIIe-IXe siècles), antérieur au roman, dont plusieurs monuments sont classés à l’UNESCO : Santa María del Naranco et San Miguel de Lillo sur le mont Naranco, San Julián de los Prados, la Cámara Santa et la Foncalada à Oviedo. Un ensemble rare, unique en Europe.

Comment visiter la grotte de Tito Bustillo ?

Ce sanctuaire d’art rupestre paléolithique (UNESCO), à Ribadesella, n’ouvre qu’une partie de l’année (environ de mars à fin octobre), du mercredi au dimanche, avec un nombre de visiteurs limité et réservation obligatoire. Réservez à l’avance auprès du centre d’art rupestre ; hors saison, le musée voisin reste ouvert.