De l’autre côté du Tibre, loin des files du Colisée, Rome garde un village : ruelles pavées tapissées de lierre, linge aux fenêtres, cloches d’églises millénaires et fumets de trattoria. Le Trastevere est le quartier où la capitale se vit plutôt qu’elle ne se visite.
« Trastevere » signifie « au-delà du Tibre » : c’est le Rione XIII de Rome, sur la rive ouest, longtemps quartier populaire d’artisans et devenu le cœur de la vie romaine, de jour comme de nuit. On y vient pour les mosaïques et les panoramas, on y reste pour la table et l’atmosphère.
Voici tout ce qui fait le charme du quartier : ses places et ses églises, la villa Farnesina et l’Orto Botanico, le Gianicolo et ses vues, le Tibre et ses ponts, la cuisine romaine — et les adresses où poser ses valises.
Trastevere, le village dans la ville
Le Trastevere se découvre sans plan, en se perdant. Ses ruelles pavées de sampietrini, ses façades ocre et ses cours cachées composent un dédale à taille humaine, où chaque piazzetta a sa fontaine et son café. Le quartier se divise en deux ambiances, de part et d’autre du viale di Trastevere : au nord, animé, autour de la Piazza Santa Maria ; au sud, plus calme et résidentiel, autour de Santa Cecilia.
Les places et les églises
Le cœur du quartier bat sur la Piazza Santa Maria in Trastevere, autour de sa fontaine et de la basilique du même nom — l’une des plus anciennes églises mariales de Rome, dont l’abside brille de mosaïques dorées (dont un cycle de Pietro Cavallini, 1291). L’entrée est libre.
Plus au sud, la basilique Santa Cecilia in Trastevere cache un trésor : le Jugement dernier de Cavallini, fresque du tournant du XIVe siècle longtemps dissimulée dans le chœur des moniales (accès payant, quelques euros, sur créneaux réduits le matin). Sous l’autel, la statue de sainte Cécile par Stefano Maderno.
La villa Farnesina et l’Orto Botanico
Via della Lungara, la villa Farnesina (1506) abrite l’un des plus beaux ensembles de fresques de la Renaissance : la Galatée de Raphaël et la Loggia de Psyché, aux côtés de Peruzzi et du Sodoma. Ouverte du lundi au samedi le matin (billet ~12 €), elle propose aussi des visites « Raphaël » le samedi. Juste en face, le Palazzo Corsini et sa Galleria Corsini.
À deux pas, l’Orto Botanico de Rome déroule ses douze hectares dans l’ancien parc Corsini, au pied du Janicule : palmeraie, roseraie, jardin japonais et bambouseraie (billet ~5 €) — une échappée verte rare en plein centre.
Le Gianicolo et ses panoramas
En surplomb du quartier, le Gianicolo (Janicule) offre l’un des plus beaux panoramas sur Rome, de préférence au coucher du soleil, quand les coupoles s’embrasent. On y trouve le monument équestre de Garibaldi, le majestueux « Fontanone » (fontaine de l’Acqua Paola, 1612) et, chaque jour à midi, un coup de canon à blanc — une tradition ininterrompue depuis 1847.
À l’écart, dans une cour voisine de San Pietro in Montorio, ne manquez pas le Tempietto de Bramante (vers 1502) : un petit temple circulaire d’une perfection absolue, considéré comme un manifeste de la Renaissance.
Le Tibre : Ponte Sisto et l’île Tibérine
Trastevere se relie au centre par deux passages pleins de charme. Le Ponte Sisto, pont piéton bâti pour le Jubilé de 1475, débouche sur la Piazza Trilussa ; c’est la plus belle entrée dans le quartier, à pied depuis Campo de’ Fiori.
En aval, l’île Tibérine (Isola Tiberina), amarrée au milieu du fleuve, se rejoint par le Ponte Fabricio, le plus ancien pont romain intact de la ville (62 av. J.-C.). On y visite l’église San Bartolomeo, posée sur l’ancien temple d’Esculape ; l’île abrite encore un hôpital en activité.
À table : le cœur de la cuisine romaine
Le Trastevere est l’un des berceaux de la cuisine romaine populaire. On y goûte les quatre pâtes cultes — cacio e pepe, carbonara, amatriciana, gricia —, les carciofi (artichauts à la romaine ou à la juive), les supplì (croquettes de riz), la saltimbocca, et le maritozzo à la crème au petit-déjeuner. Le matin, le marché de San Cosimato déballe fruits, légumes et fromages (sauf le dimanche).
Le quartier a aussi ses tables de haute cuisine : Glass Hostaria, la table créative de Cristina Bowerman, y tient son étoile Michelin ; en lisière, Zia (Antonio Ziantoni) en décroche une autre. Pour explorer les saveurs du quartier, plusieurs visites gourmandes se réservent en ligne :
Trastevere à la tombée du soir
Le soir, le Trastevere s’allume. Les terrasses se remplissent, les guitares sortent sur la Piazza Trilussa et sur les marches du Ponte Sisto, et l’on passe de bar en trattoria dans une ambiance de fête. C’est le meilleur du quartier — mais aussi son revers : très fréquenté et bruyant le week-end. Pour retrouver l’esprit de village, venez en semaine, tôt le soir, ou glissez-vous dans les ruelles du sud, plus calmes.
Cinq expériences signatures
Cinq moments résument bien l’esprit du quartier :
Les mosaïques de Santa Maria
Entrer dans la basilique à la tombée du jour, quand les mosaïques de l’abside s’illuminent d’or.
La Galatée de Raphaël
Se retrouver seul, un matin, face aux fresques de la villa Farnesina — un chef-d’œuvre à l’écart des foules.
Le coucher de soleil au Gianicolo
Monter au belvédère à l’heure dorée, écouter le canon de midi ou guetter Rome qui s’embrase.
Une tablée de cuisine romaine
S’attabler dans une trattoria pour un cacio e pepe et un verre de Frascati, sans montre.
Le Ponte Sisto au crépuscule
Traverser le Tibre à pied quand les lampadaires s’allument sur la Piazza Trilussa.
Une journée parfaite à Trastevere
Une journée suffit pour saisir le quartier, du matin calme au soir animé :
Matin
Églises & fresques
Santa Maria in Trastevere et Santa Cecilia, puis la villa Farnesina (Raphaël) et l’Orto Botanico ; café sur une piazzetta.
Après-midi
Panoramas
Montée au Gianicolo — belvédère, Fontanone, Tempietto de Bramante — et flânerie dans les ruelles du sud, plus paisibles.
Soir
Trattoria & apéritif
Apéritif Piazza Trilussa, dîner de cuisine romaine, puis Ponte Sisto illuminé au retour vers le centre.
Où dormir à Trastevere
Dormir dans le quartier, c’est vivre Rome de l’intérieur. Trois adresses, du grand hôtel à la maison de charme :
Pour élargir le choix côté centre historique, voir aussi les adresses de notre guide de Rome.
Pratique : comment y aller
Le Trastevere est l’un des plus beaux chapitres de Rome : prolongez avec notre guide complet de la ville ou nos plus belles escapades urbaines d’Europe.
Questions fréquentes
Comment aller à Trastevere ?
Le plus agréable est à pied : depuis le centre (Campo de’ Fiori), on traverse le Tibre par le Ponte Sisto piéton ; depuis le Ghetto, par l’île Tibérine. En transports, le tram 8 relie le quartier à Largo Argentina et Piazza Venezia. Attention : il n’y a pas de métro — la gare « Roma Trastevere » est au sud, loin des ruelles pittoresques.
Que voir absolument à Trastevere ?
La basilique Santa Maria in Trastevere et ses mosaïques dorées (entrée libre), la villa Farnesina et ses fresques de Raphaël, la fresque de Cavallini à Santa Cecilia, et le Gianicolo pour le plus beau panorama sur Rome — sans oublier une longue tablée dans une trattoria.
Où et quoi manger à Trastevere ?
C’est l’un des berceaux de la cuisine romaine : les quatre pâtes (cacio e pepe, carbonara, amatriciana, gricia), les carciofi, les supplì, le maritozzo au petit-déjeuner. Le quartier compte aussi des tables étoilées — Glass Hostaria (Cristina Bowerman) — et le marché de San Cosimato le matin (sauf dimanche).
Le Gianicolo fait-il partie de Trastevere ?
Il domine le quartier. On y monte pour le belvédère (l’un des plus beaux de Rome), la statue de Garibaldi et le « Fontanone » (fontaine de l’Acqua Paola). Chaque jour à midi, un coup de canon à blanc y est tiré — une tradition maintenue depuis 1847.
Trastevere est-il agréable le soir ?
Très animé : les terrasses et la Piazza Trilussa se remplissent à l’apéritif. C’est aussi bruyant et très touristique le week-end : pour l’atmosphère de village, privilégiez la semaine ou le début de soirée, et le sud du quartier (autour de Santa Cecilia), plus calme.
Combien de temps prévoir ?
Une demi-journée à une journée suffit pour l’essentiel : matinée pour les églises et la villa Farnesina, fin d’après-midi pour le Gianicolo au coucher du soleil, puis dîner sur place. Trastevere se combine idéalement avec une visite du centre : voir notre guide de Rome.