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Que faire à Queenstown ? Lac, aventure et Milford Sound

À Queenstown, chaque après-midi appelle une nouvelle aventure au bord du lac.

Chaque après-midi, un panache de fumée noire s’élève au-dessus du lac Wakatipu : le TSS Earnslaw quitte le quai de Queenstown, comme il le fait depuis 1912. Ce vapeur à charbon, l’un des derniers en service dans l’hémisphère sud, résume à lui seul l’esprit de la ville — un décor alpin grandiose, une histoire courte mais dense, et le goût assumé de la mise en scène. Autour du plan d’eau en forme d’éclair, les Remarkables dressent leur muraille dentelée à plus de 2 300 mètres.

Queenstown tient sur 15 000 habitants et deux réputations : capitale mondiale des sports à sensations, où le saut à l’élastique a été commercialisé pour la première fois en 1988, et camp de base des paysages les plus filmés de l’Île du Sud. Entre une croisière contemplative et un jet-boat lancé à 80 km/h, entre le pinot noir de Gibbston et les fjords du Fiordland, tout se joue ici dans un rayon de deux heures de route. Voici comment répartir votre temps, section par section.

Le lac Wakatipu et les grands paysages

Long de 80 kilomètres et profond de près de 380 mètres, le lac Wakatipu impose son échelle dès l’arrivée. Sa singularité tient à une oscillation du niveau de l’eau de quelques centimètres toutes les vingt-cinq minutes, que la légende maorie attribue au centre battant d’un géant endormi sous la surface. La manière la plus posée d’en prendre la mesure reste la croisière sur le TSS Earnslaw : quarante minutes de traversée jusqu’à la Walter Peak High Country Farm, où l’on assiste à la tonte des moutons et au travail des chiens de berger avant un dîner au barbecue.

Pour le point de vue, le téléphérique Skyline grimpe jusqu’à Bob’s Peak, à 450 mètres au-dessus de la ville, sur l’une des pentes les plus raides de l’hémisphère sud. La terrasse embrasse d’un regard la ville, le lac et les Remarkables ; on redescend en luge sur rails, à son rythme, avant de reprendre la nacelle. Les plus matinaux préfèrent enfiler les palmes d’un kayak et longer les berges désertes au lever du jour, quand la surface reste lisse comme un miroir.

L’aventure : bungy, jet-boat et sommets

La réputation de Queenstown s’est bâtie sur le vide. C’est au Kawarau Bridge, à 23 kilomètres de la ville, qu’A. J. Hackett a ouvert en 1988 le premier site commercial de saut à l’élastique au monde : 43 mètres au-dessus de la rivière turquoise, avec l’option de finir la tête dans l’eau. Les amateurs de chiffres visent plus haut — les 134 mètres du Nevis, la plus grande chute du pays, suspendue dans un canyon accessible en 4×4.

Moins vertigineux mais tout aussi nerveux, le jet-boat file au ras des canyons du Shotover, effleurant les parois rocheuses avant une rotation à 360°. La ville revendique aussi le plus grand domaine de VTT de descente du pays, desservi par la gondole du Skyline. L’hiver venu, de juin à septembre, les mêmes reliefs se couvrent de neige : quatre domaines skiables — les Remarkables, Coronet Peak, Cardrona et Treble Cone — sont accessibles à la journée, ce qui fait de Queenstown l’une des rares stations où l’on skie le matin et l’on déjeune en terrasse au bord du lac.

Milford Sound et le Fiordland

À 290 kilomètres au sud-ouest, Milford Sound est le seul fjord du Fiordland National Park, classé au patrimoine mondial, que l’on atteigne par la route. La journée est longue — comptez douze heures au départ de Queenstown — mais le trajet fait partie du spectacle : la vallée de l’Eglinton, les Mirror Lakes, l’arrêt à Te Anau, puis le tunnel de Homer qui débouche brutalement sur les parois du fjord. Sur place, une croisière de deux heures glisse au pied du Mitre Peak, qui tombe de 1 690 mètres droit dans l’eau, entre cascades et colonies de phoques.

Les autocars-croisières partent chaque matin vers 6 h 30 ; certains opérateurs proposent la petite jauge et un pique-nique servi à bord. Pour gagner du temps, le vol panoramique relie Queenstown au fjord en trente-cinq minutes, par-dessus les glaciers et les lacs suspendus — une formule avion-croisière-avion qui ramène le tout à une demi-journée, à condition que la météo du Fiordland, notoirement capricieuse, s’y prête.

Vignes de Gibbston et village doré d’Arrowtown

À vingt minutes de la ville, la vallée de Gibbston aligne ses parcelles à flanc de gorge, à plus de 300 mètres d’altitude. On y produit l’un des pinots noirs les plus réputés de l’hémisphère sud, façonné par des étés chauds et des nuits fraîches. Les domaines comme Gibbston Valley ou Chard Farm ouvrent leurs caves à la dégustation, et une piste cyclable relie plusieurs propriétés pour ceux qui préfèrent pédaler d’un verre à l’autre. Le pont du Kawarau, celui des sauteurs, marque l’entrée de la vallée.

Un peu plus loin, Arrowtown conserve les façades de bois de la ruée vers l’or des années 1860, quand les chercheurs venaient tamiser les graviers de l’Arrow River — un geste que l’on peut encore reproduire, batée en main. En automne, les peupliers et les érables plantés par les premiers colons virent à l’or et au cuivre, ce qui vaut au village son festival d’avril. De l’autre côté du lac, la route de Glenorchy mène aux vallées de la Dart et du Rees, décors du Seigneur des Anneaux que l’on remonte en jet-boat jusqu’aux portes du Mount Aspiring National Park.

Questions fréquentes

Combien de jours prévoir à Queenstown ?

Trois jours pleins constituent un bon socle : une journée pour le lac et le Skyline, une pour l’aventure ou les vignobles, une pour l’excursion au Fiordland. Ajoutez une quatrième journée si vous voulez pousser jusqu’à Glenorchy et Arrowtown sans courir, ou skier en hiver. Au-delà d’une semaine, la ville sert idéalement de camp de base pour Wanaka et le Mount Aspiring.

Milford Sound se visite-t-il vraiment à la journée ?

Oui, et c’est l’option la plus courante : une journée complète d’autocar-croisière couvre l’aller-retour et les deux heures de navigation, avec un guide et des arrêts photo sur la route. La formule est dense mais confortable. Pour alléger, le vol panoramique ou l’option avion-croisière-avion réduit la sortie à une demi-journée, moyennant un budget plus élevé et une réservation soumise à la météo.

Quelle est la meilleure période pour venir ?

L’été austral, de décembre à mars, offre les journées les plus longues et le climat le plus stable pour la randonnée, l’eau et les vignobles ; c’est aussi la haute saison. L’hiver, de juin à septembre, transforme la ville en station de ski. L’automne (avril-mai) reste le secret des connaisseurs : couleurs flamboyantes autour d’Arrowtown, fréquentation en baisse, tarifs plus doux.

Peut-on visiter Queenstown sans voiture ?

La ville se parcourt à pied, et la plupart des activités — Skyline, croisières, bungy, excursions à Milford — incluent le transfert depuis les hôtels du centre. Une voiture reste toutefois précieuse pour rejoindre librement les caves de Gibbston, Arrowtown ou Glenorchy à votre rythme. Sans véhicule, ces zones se visitent en tours organisés ou en navette, ce qui suffit pour un premier séjour.

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Photos : Pexels (crédits sous chaque image).