À 3 400 mètres, l’air de Cusco se mérite. Les grands hôtels de l’ancienne capitale inca l’ont compris : au Palacio Nazarenas comme au JW Marriott El Convento, les chambres sont enrichies en oxygène et l’on vous tend une infusion de feuilles de coca dès l’arrivée. Entre les murs de pierre polie des Incas et les patios des couvents du XVIᵉ siècle, dormir à Cusco et dans la Vallée sacrée revient à loger dans cinq siècles d’histoire — à condition de choisir la bonne adresse. Voici les maisons qui valent le détour, en ville puis au fil de l’Urubamba.
Dormir à Cusco : palais et couvents à 3 400 mètres
La plupart des cinq-étoiles de Cusco occupent d’anciens couvents ou des palais incas, groupés autour de la Plaza de Armas et de la discrète Plaza de las Nazarenas. On y retrouve la même trame : cours à arcades, pierre coloniale, et ce détail devenu signature locale, l’enrichissement des chambres en oxygène pour amortir le choc de l’altitude. Trois adresses se détachent.
Le JW Marriott El Convento, installé dans le couvent San Agustín, complète ce trio : ses vestiges incas sont exposés sous verre dans les couloirs et ses chambres, elles aussi, s’enrichissent en oxygène (9,4 sur Booking, plus de 600 avis). Une fois acclimaté, on quitte l’hôtel pour arpenter San Blas et le Qorikancha : nous avons détaillé ailleurs les journées à remplir entre ruines et marchés.
Dormir dans la Vallée sacrée : lodges au fil de l’Urubamba
Six cents mètres plus bas, la Vallée sacrée (autour de 2 800 m) offre un air plus épais et des nuits plus douces : beaucoup de voyageurs avisés y passent leurs premières nuits pour s’acclimater avant Cusco et le Machu Picchu. Le long de l’Urubamba, les lodges troquent les patios coloniaux pour les jardins, les potagers et les terrasses face aux sommets.
Deux autres maisons méritent d’être citées. Le Tambo del Inka, Luxury Collection (9,4 · 135 avis), est le seul hôtel de la vallée doté de sa propre gare : son train privé permet de rejoindre la citadelle inca par le rail sans repasser par Cusco. Quant à l’Explora Valle Sagrado, il joue une autre partition : formule tout compris, une cinquantaine de guides et une cuisine signée Virgilio Martínez, pensée pour les marcheurs. À chacun sa Vallée sacrée.
Cusco ou Vallée sacrée : quel hôtel choisir ?
Le choix se joue moins sur le prix que sur le rythme du séjour : la ville pour le patrimoine et les tables, la vallée pour l’altitude plus clémente et l’accès au Machu Picchu. Ce tableau récapitule les huit adresses.
| Hôtel | Zone | Note Booking | Ce qui le distingue | Prix indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Palacio Nazarenas (Belmond) | Cusco | 9,8 · 37 avis | All-suites, bassins privés, table Virgilio Martínez | €€€€ |
| Monasterio (Belmond) | Cusco | 9,8 · 248 avis | Couvent de 1592, chapelle, chambres oxygénées | €€€€ |
| JW Marriott El Convento | Cusco | 9,4 · 632 avis | Ancien couvent, vestiges incas sous verre, spa | €€€ |
| Inkaterra La Casona | Cusco | Relais & Châteaux | 11 suites, sols chauffants, art colonial | €€€ |
| Rio Sagrado (Belmond) | Vallée sacrée | 9,7 · 46 avis | Casitas au bord de l’Urubamba, spa, alpagas | €€€€ · dès ~830 € |
| Tambo del Inka (Luxury Collection) | Vallée sacrée | 9,4 · 135 avis | Gare privée vers le Machu Picchu, piscine int./ext. | €€€€ · dès ~560 € |
| Sol y Luna | Vallée sacrée | Relais & Châteaux | Casitas-jardin, chevaux de paso, fondation solidaire | €€€ |
| Inkaterra Hacienda Urubamba | Vallée sacrée | 9,5 · 57 avis | Hacienda contemporaine, potager bio, grand calme | €€€ |
En pratique
S’acclimater d’abord. Cusco culmine à 3 400 m : prévoyez une à deux journées calmes, hydratation, infusion de coca, et éventuellement une première nuit dans la Vallée sacrée, plus basse. Quand partir. La saison sèche, de mai à septembre, offre les ciels les plus sûrs ; le 24 juin, la fête de l’Inti Raymi enflamme Sacsayhuamán. De novembre à mars, les pluies sont fréquentes. Comment venir. Un vol Lima–Cusco dure environ 1 h 20 ; la plupart des hôtels organisent le transfert privé jusqu’à la vallée (1 h 15 de route). Anticiper le Machu Picchu. Les entrées sont contingentées par créneaux horaires : les conciergeries des maisons ci-dessus réservent volontiers billets et train plusieurs mois à l’avance.
Au petit matin, depuis une casita de la Vallée sacrée, le train du Tambo del Inka s’ébranle vers Aguas Calientes tandis que la brume lâche les terrasses de Pisac. Le vrai luxe, au Pérou, tient peut-être là : se donner le temps — celui de l’acclimatation, et celui d’une nuit de plus avant la montée.