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Que faire à Cortina d’Ampezzo hors-ski

À Cortina, on peut remplir des journées entières sans jamais chausser les skis.

À Cortina, le ski n’est qu’un chapitre. On peut y passer une semaine sans chausser les skis : monter en téléphérique sur le toit des Dolomites, marcher dans les galeries de la Grande Guerre, pousser la porte d’un musée d’art moderne, dîner étoilé ou refaire le monde à l’apéritif sur le Corso Italia. Et l’été venu, la station devient l’une des grandes bases de randonnée des Alpes.

Ce guide rassemble tout ce qui se fait ici hors des pistes, hiver comme été : panoramas, mémoire, culture ladine, mondanités, gastronomie et grand air. Il prolonge notre panorama du ski de luxe à Cortina et notre guide où dormir à Cortina.

SectionCe qu’on y trouve
Prendre de la hauteurTéléphériques piétons, panoramas
Sur les traces de la Grande GuerreTunnels du Lagazuoi, Cinque Torri
Lacs et grands paysagesSorapis, Federa, Misurina, Tre Cime
L’âme ladineRegole, musées, observatoire
L’héritage olympique1956 et 2026
Dolce vita et mondanitésCorso Italia, jet-set, événements
La tableÉtoiles Michelin et refuges
Expériences hors-pisteRaquettes, spa, à réserver
Organiser sa visiteQuand venir, accès
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Prendre de la hauteur, sans skier

Le premier luxe de Cortina, c’est la verticalité — et elle s’offre aussi aux piétons, grâce à un forfait dédié, le Cortina Vertical Pass, qui ouvre les téléphériques sans skis aux pieds.

Les Tofane, au-dessus de Cortina
Les Tofane, au-dessus de Cortina — Photo : Svíčková / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

La Freccia nel Cielo, sur le toit des Dolomites

La télécabine Freccia nel Cielo (« flèche dans le ciel ») hisse en trois tronçons du village (~1 216 m) jusqu’à la Tofana di Mezzo, à 3 244 m, troisième plus haut sommet des Dolomites : de là-haut, le regard embrasse le Cristallo, le Sorapis, l’Antelao et, par temps clair, jusqu’aux Alpes autrichiennes. À la première station, le Col Druscié (1 778 m) abrite un observatoire astronomique et un planétarium (voir plus bas) — la remontée fonctionne été comme hiver.

Le Lagazuoi et le Faloria, deux terrasses sur le vide

Côté col, le téléphérique du Lagazuoi monte du Passo Falzarego (2 105 m) à 2 778 m, où une terrasse et un refuge dominent une véritable mer de sommets — l’un des plus beaux belvédères des Dolomites. Le Faloria, enfin, se rejoint directement depuis Cortina pour une vue plongeante sur la cuvette d’Ampezzo et sa propre terrasse-refuge.

RemontéeDépart → arrivéeSaisonIntérêt hors-ski
Freccia nel CieloCortina 1 216 m → Tofana 3 244 mHiver & étéLe toit des Dolomites, observatoire au Col Druscié
Téléphérique du LagazuoiFalzarego 2 105 m → 2 778 mHiver & étéTerrasse panoramique, tunnels 14-18
FaloriaCortina → ~2 120 mHiver & étéVue plongeante, refuge et terrasse
Télésiège des Cinque TorriBai de Dones → Rifugio ScoiattoliSurtout étéMusée à ciel ouvert de la Grande Guerre
Les principales remontées accessibles aux piétons (vérifiez les dates d’ouverture saisonnière).

Sur les traces de la Grande Guerre

Les tours des Cinque Torri, au-dessus de Cortina d'Ampezzo
Les Cinque Torri, théâtre du front dolomitique de 1915-1918 — Photo : kallerna / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les Dolomites d’Ampezzo furent, de 1915 à 1917, une ligne de front entre Italiens et Austro-Hongrois — et la montagne en a gardé la trace. Au Lagazuoi, un réseau de galeries et de tunnels creusés à la main dans la paroi se parcourt aujourd’hui à pied : un museo all’aperto où l’on descend par le tunnel de la Cengia Martini, lampe frontale et casque de rigueur, avant de ressortir vers le col. En contrebas, les Cinque Torri abritent un second musée à ciel ouvert : tranchées restaurées, postes d’observation et baraquements, reliés par de courts sentiers accessibles depuis le Rifugio Scoiattoli. Deux sites de mémoire saisissants, praticables surtout l’été.

Lacs et grands paysages, saison par saison

Le lac de Misurina et les Dolomites
Le lac de Misurina, la « perle du Cadore », gelé une partie de l’hiver — Photo : Giampaolo Trapasso / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le Lago di Sorapis, turquoise d’altitude

L’été, Cortina devient une base de randonnée de premier plan. Le Lago di Sorapis, lac glaciaire d’un turquoise irréel à ~1 925 m, se gagne depuis le Passo Tre Croci (1 805 m) par le sentier 215 : environ 3 à 4 heures aller-retour, avec quelques passages câblés et passerelles au-dessus du vide qui exigent le pied sûr. Le Lago Federa, au pied de la Croda da Lago, s’enflamme quant à lui de mélèzes dorés à l’automne — l’un des plus beaux tableaux de la région. Ces sentiers sont des randonnées estivales : on les évite l’hiver (verglas, risque d’avalanche).

Misurina et les Tre Cime, selon la saison

Plus au nord, le Lago di Misurina (1 754 m), surnommé la « perle du Cadore », offre l’un des plus beaux miroirs des Dolomites ; son air réputé pur lui a valu un centre de soins pour l’asthme infantile, et sa surface gèle une partie de l’hiver, propice au patinage. C’est de là que l’on rejoint les célèbres Tre Cime di Lavaredo — mais attention : la route à péage du Rifugio Auronzo ne se prend qu’en été et ferme l’hiver. À la mauvaise saison, on n’atteint plus les Tre Cime qu’à pied, en raquettes, en ski de randonnée ou via une excursion encadrée.

L’âme ladine : Regole et musées

Les Regole d’Ampezzo, une propriété collective séculaire

Derrière la vitrine mondaine, Cortina cache une identité ladine profonde. La vallée est administrée depuis des siècles par les Regole d’Ampezzo, une institution de propriété collective : forêts et pâturages y sont inaliénables, ni vendus ni détournés de leur usage, et les droits d’exploitation se transmettent uniquement aux familles ampezzanes d’origine. C’est l’un des plus anciens systèmes communautaires de gestion de la montagne en Europe — et un socle d’identité que la station n’a jamais perdu.

Le clocher de Cortina d'Ampezzo
Le clocher de Cortina d’Ampezzo — Photo : Michael Paraskevas / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Trois musées et un observatoire

Cet héritage se visite. Le Musée d’art moderne Mario Rimoldi (ouvert en 1974) réunit plus de 800 œuvres du XXᵉ siècle italien — De Chirico, Campigli, De Pisis, Sironi, Guttuso — patiemment rassemblées par un hôtelier ami des artistes qui séjournaient dans la vallée. Le Musée ethnographique des Regole, installé dans une ancienne scierie vénitienne, raconte la gestion communautaire de la forêt, l’artisanat du bois, le filigrane d’argent et les costumes ; le Musée paléontologique Rinaldo Zardini expose les fossiles marins de l’océan qui recouvrait jadis ces sommets. Enfin, à 1 778 m, l’observatoire astronomique Helmut Ullrich du Col Druscié et son planétarium Nicolò Cusano proposent des nuits sous les étoiles, accessibles par la Freccia nel Cielo : son équipe amateur y a découvert plusieurs dizaines de supernovae et un astéroïde baptisé « Cortina d’Ampezzo ».

L’héritage olympique, de 1956 à 2026

Cortina a écrit deux fois l’histoire olympique. En 1956, elle accueillait déjà les Jeux d’hiver : il en reste le Stadio Olimpico del Ghiaccio, dont la piste réfrigérée s’ouvre au patinage public, hiver comme été selon le calendrier. En février 2026, les Jeux Milano-Cortina y ont ramené le ski alpin féminin, le curling et les sports de glisse : le Cortina Sliding Centre — piste Eugenio Monti (1 745 m, seize virages, jusqu’à 140 km/h) a été reconstruit sur le tracé historique des années 1920, nommé d’après le double champion olympique ampezzan. Passés les Jeux, ces installations poursuivent leur vie sportive ; l’ambiance « ville olympique », elle, imprègne durablement la station.

Cortina, hôte des Jeux olympiques d’hiver 2026
Cortina, hôte des Jeux olympiques d’hiver 2026 — Photo : Sebastian Staines / Unsplash

Dolce vita et mondanités

Le Corso Italia, artère piétonne du centre de Cortina d'Ampezzo
Le Corso Italia, théâtre de la passeggiata et de l’aperitivo — Photo : Tiia Monto / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

En fin d’après-midi, tout Cortina se retrouve sur le Corso Italia : c’est l’heure de la passeggiata, cette promenade rituelle entre les boutiques de luxe, avant l’aperitivo à l’Enoteca Cortina ou chez Lovat. La station cultive une réputation de jet-set depuis les années 1950 : l’Hotel Cristallo a servi de décor à La Panthère rose (1963), et le VIP Club de l’Hotel Europa reste un repère des nuits mondaines. L’agenda entretient la légende : la Coppa d’Oro delle Dolomiti, course de voitures historiques, s’élance de Cortina chaque juillet ; la Cortina WinteRace en est le pendant hivernal. Le Cortina Winter Polo pose parfois ses matchs sur le lac gelé de Misurina — quand l’épaisseur de la glace le permet, l’événement étant régulièrement déplacé les hivers trop doux.

La table : deux étoiles et refuges gourmands

Deux étoiles Michelin et une table culte

Cortina se mange autant qu’elle se contemple. La vallée compte deux étoiles Michelin : le SanBrite de Riccardo Gaspari — une étoile et une Étoile Verte pour son agricucina nourrie par la ferme familiale, où l’ancien champion de ski devenu fromager cuisine ce qu’il produit — et le Tivoli de Graziano Prest, qui marie produits de montagne et poissons rapportés des marchés de Venise et de Chioggia. Au Passo Giau, à 2 175 m, le Da Aurelio n’est pas étoilé mais reste une table culte, célèbre pour sa cuisine d’herbes et de fleurs alpines et sa cave de plusieurs centaines de références.

Un refuge de montagne dans les Dolomites
Un refuge de montagne dans les Dolomites — Photo : Hermann Schmitz / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le luxe en refuge

Le plaisir le plus ampezzan se déjeune toutefois en refuge, accessible à pied ou par les remontées : le Rifugio Averau et sa terrasse face à la Marmolada, le Rifugio Scoiattoli et son bain nordique chauffé au bois en plein air, face aux Cinque Torri, le Rifugio Col Gallina ou le Rifugio Lagazuoi, perché au-dessus du Falzarego. On y goûte les saveurs ladines : casunziei (raviolis à la betterave, beurre fondu, pavot et ricotta fumée), canederli et schlutzkrapfen, fromages de malga. Manger en altitude, ici, n’est pas un pis-aller : c’est une des plus belles expériences de la station.

Expériences hors-piste, hiver comme été

En hiver, autrement que sur les pistes

Au-delà des panoramas, Cortina se vit par l’expérience. On chausse les raquettes pour une sortie guidée autour des Cinque Torri ou du Passo Giau, on file en calèche ou en traîneau dans la neige, on tourne quelques boucles à la patinoire olympique, on s’initie à l’escalade sur cascades de glace avec un guide, ou l’on s’offre une parenthèse spa : le Grand Hotel Savoia et le Rosapetra ouvrent bassins et saunas en formule day-spa, y compris aux non-résidents. Un mot d’honnêteté : l’héliski n’est pas une option ici — il est interdit dans le Parc naturel des Dolomites d’Ampezzo qui entoure la station.

En été, le grand terrain de jeu

La belle saison change tout : via ferrata historiques héritées du front, vélo électrique vers les cascades de Fanes, randonnées aux lacs et aux refuges, parcours d’escalade sur la dolomie. Voici quelques sorties emblématiques à réserver à l’avance :

Terrasse panoramique du refuge Lagazuoi au-dessus des Dolomites ★ 5,0dès 230 €
Lagazuoi : montée en télécabine et panorama à 2 800 mLagazuoi · panorama & WWI · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →
Cascades de Fanes pres de Cortina d'Ampezzo ★ 5,0dès 97 €
Cortina à vélo électrique : les cascades de FanesÉté · nature · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →
Lac turquoise des Dolomites pres de Cortina ★ 4,9dès 148 €
Les Dolomites, Cortina et deux lacs (au départ de Venise)Journée · Dolomites · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →
Sommets des Dolomites classees au patrimoine mondial ★ 4,8dès 150 €
Circuit des Dolomites classées à l’UNESCOUNESCO · panoramas · GetYourGuideRéserver sur GetYourGuide →

Organiser sa visite (sans skier)

Quand venir ? L’hiver (décembre-mars) pour l’ambiance mondaine, les spas, le patinage et les refuges ; l’été (fin juin-mi-septembre) pour la randonnée, les via ferrata et les lacs ; et l’automne, saison presque secrète, pour les mélèzes dorés et le calme. Attention aux inter-saisons : nombre de remontées et de refuges ferment entre mi-avril et mi-juin, puis à l’automne. Comptez trois à quatre jours pour un séjour hors-ski équilibré entre culture, nature et table.

Accès : Cortina n’a ni aéroport ni gare. On arrive par Venise-Marco Polo (~150 km, ~2 h) ; la navette Cortina Express relie l’aéroport toute l’année. Les gares les plus proches sont Calalzo-Pieve di Cadore (~35 km) et Dobbiaco (~31 km), prolongées par des bus. Sur place, le Cortina Vertical Pass et les navettes locales suffisent à se déplacer sans voiture.

SaisonCe qu’on vient chercherExemples
Hiver (déc.-mars)Mondanités, spas, patinage, refugesCorso Italia, Stadio Olimpico, calèche, Winter Polo
Été (fin juin-mi-sept.)Randonnée, via ferrata, lacsSorapis, Cinque Torri, Tre Cime, Coppa d’Oro (juillet)
AutomneCalme, mélèzes dorés, tablesLago Federa, refuges gourmands, musées
Que faire à Cortina, saison par saison.

Questions fréquentes

Que faire à Cortina sans skier ?

Monter en téléphérique jusqu’à la Tofana (3 244 m) ou au Lagazuoi, parcourir les tunnels de la Grande Guerre, visiter les musées des Regole, patiner au Stadio Olimpico, s’offrir une table étoilée ou un refuge gourmand, et flâner sur le Corso Italia. Cortina se vit très bien sans chausser les skis.

Peut-on voir les Tre Cime di Lavaredo en hiver ?

Pas en voiture : la route à péage du Rifugio Auronzo ferme l’hiver. On les rejoint alors seulement à pied, en raquettes, en ski de randonnée ou via une excursion encadrée depuis Misurina. En voiture, c’est une sortie d’été.

Que faire à Cortina en été ?

Randonner (Lago di Sorapis par le sentier 215, Cinque Torri, Lago Federa), s’essayer à la via ferrata, pédaler en vélo électrique vers les cascades de Fanes, monter aux belvédères en téléphérique et assister à la Coppa d’Oro en juillet.

Y a-t-il des restaurants étoilés à Cortina ?

Oui, deux tables une étoile au Guide Michelin : le SanBrite (également Étoile Verte) et le Tivoli. Le Da Aurelio, au Passo Giau, est une adresse culte mais non étoilée.

Comment aller à Cortina sans voiture ?

La navette Cortina Express relie l’aéroport de Venise toute l’année (~2 h). Il n’y a pas de gare à Cortina : les plus proches, Calalzo (~35 km) et Dobbiaco (~31 km), sont prolongées par des bus.

Que reste-t-il des Jeux olympiques à Cortina ?

L’héritage de 1956 (le Stadio Olimpico del Ghiaccio, ouvert au patinage public) et de 2026 (le Cortina Sliding Centre — piste Eugenio Monti, reconstruit pour le bob, la luge et le skeleton).

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