Nulle part la montagne ne plonge aussi droit dans la mer qu’au fond des fjords de Norvège.
La côte ouest en compte plus de mille, entaillés dans la roche par les glaciers il y a dix mille ans. Cinq ou six concentrent l’essentiel : le Geirangerfjord et le Nærøyfjord, tous deux classés ; le Sognefjord, le plus long et le plus profond ; le Hardangerfjord et ses vergers ; le Lysefjord dominé par le Preikestolen. Ce guide les relie en un itinéraire lisible, depuis Bergen, avec les adresses où poser ses valises et les repères pour choisir sa saison.
À Geiranger, le ferry qui relie le village à Hellesylt met soixante-dix minutes pour parcourir quinze kilomètres. Le long du trajet, les parois montent à plus de mille mètres au-dessus de l’eau et la cascade des Sept Sœurs se déploie sur sept filets parallèles, en face du prétendant qui lui fait vis-à-vis depuis la rive opposée. Ce fragment de côte, inscrit à l’UNESCO en 2005, résume ce que les fjords norvégiens offrent de plus rare : une échelle qui écrase le regard et une eau immobile où tout se reflète.
Sculptés par les glaciers, les fjords norvégiens entaillent la côte ouest sur des centaines de kilomètres. Geiranger, Nærøy, Sogn, Lysefjord : chacun a sa signature, entre villages accrochés à l’eau, sommets légendaires et bateaux silencieux. Voici comment composer un séjour d’exception — quels fjords voir, comment circuler et où dormir au bord de l’eau.
| Section | À retenir |
|---|---|
| Les grands fjords | Geiranger, Nærøy & Flåm, Sogn, Lysefjord |
| Bergen | La porte d’entrée des fjords |
| Où dormir | Hôtels de charme au bord de l’eau |
| Questions fréquentes | Saison, transport, durée |
Les grands fjords à ne pas manquer
Geirangerfjord, la carte postale classée
Le Geirangerfjord se mérite. Depuis Åndalsnes, la route du Trollstigen enchaîne onze lacets contre la falaise avant de redescendre vers l’eau ; côté sud, la route de l’Aigle grimpe jusqu’au belvédère d’Ørnesvingen, d’où l’on embrasse le village, le fjord et les Sept Sœurs d’un seul regard. La croisière panoramique qui remonte le bras jusqu’à Hellesylt reste le meilleur poste d’observation : les fermes abandonnées de Skageflå et de Knivsflå s’accrochent encore aux corniches, à la verticale de l’eau, témoins d’une agriculture qui tenait ici jusqu’au début du XXe siècle.
Nærøyfjord et train de Flåm, l’itinéraire signature
Le Nærøyfjord se rétrécit par endroits à deux cent cinquante mètres, sous des parois qui atteignent 1 400 mètres. On le remonte en bateau électrique depuis Gudvangen, dans un silence que seul le sillage vient troubler. À l’autre extrémité, Flåm sert de terminus au train le plus spectaculaire du pays : vingt kilomètres de voie, 863 mètres de dénivelé, une pente moyenne de 5,5 %, et un arrêt photo à la cascade de Kjosfossen. L’ensemble, croisière et train, forme l’ossature du circuit « Norway in a Nutshell » que l’on peut composer soi-même, en réservant chaque segment séparément.
Sognefjord et Hardangerfjord, le long et le doux
Le Sognefjord s’enfonce sur 204 kilomètres dans les terres, jusqu’aux abords du parc national de Jotunheimen et du glacier de Jostedalsbreen, le plus vaste d’Europe continentale. Le Nærøyfjord n’en est qu’un bras. On y visite l’église en bois debout d’Urnes, classée à l’UNESCO et bâtie vers 1130, l’une des plus anciennes du genre. Plus au sud, le Hardangerfjord offre un visage adouci : au printemps, ses coteaux se couvrent de vergers de pommiers en fleurs, et la cascade de Vøringsfossen y plonge de 182 mètres. Pour prolonger l’immersion avant le départ, cette vidéo des paysages sauvages de Norvège donne le ton.
Lysefjord et Preikestolen, la marche vertigineuse
Le Lysefjord tient sa réputation d’un bloc de granite parfaitement plat, le Preikestolen, suspendu à 604 mètres au-dessus de l’eau. La randonnée depuis le parking de Preikestolhytta demande environ quatre heures aller-retour pour huit kilomètres et 350 mètres de dénivelé ; on part tôt pour devancer l’affluence. Les plus aguerris visent le Kjeragbolten, ce rocher coincé entre deux parois plus au fond du fjord, ou le Trolltunga, au-dessus du lac Ringedalsvatnet, une marche de dix à douze heures qui se prépare sérieusement. Amateurs de treks au long cours, la Nouvelle-Zélande partage cette même grammaire de sommets et de fjords.
Bergen, porte d’entrée des fjords
Deuxième ville du pays, Bergen fut au Moyen Âge un comptoir majeur de la Hanse. Ses entrepôts de bois colorés du quai de Bryggen, classés à l’UNESCO, alignent leurs pignons pointus face au port ; le marché aux poissons, le funiculaire du Fløyen et un vol court vers Ålesund ou Stavanger en font le pivot logistique idéal. La plupart des circuits partent et reviennent ici. C’est aussi de Bergen que l’on embarque à bord de l’express côtier Hurtigruten, dont les navires desservent la côte jusqu’au cap Nord et servent de plateforme, l’hiver, à la chasse aux aurores boréales.
Où dormir : hôtels de charme au bord de l’eau
Dormir au bord d’un fjord, dans un manoir historique ou un lodge de rondins, fait partie du voyage. Voici cinq adresses réservables, réparties sur les grands fjords, du plus romantique au plus design.
Le Juvet Landscape Hotel (Valldal), icône d’architecture, se réserve en direct ; à Bergen, l’Opus XVI offre une base élégante près de Bryggen. Comparez les disponibilités sur l’ensemble de la région des fjords.
Voir tous les hôtels des fjordsFAQ
Quand partir dans les fjords norvégiens ?
De mai à septembre pour les fjords de l’Ouest : les routes d’altitude sont ouvertes, les ferries et trains circulent à plein, et juin apporte le soleil de minuit. Pour les aurores boréales, il faut viser le Grand Nord entre octobre et mars. Juillet est le mois le plus fréquenté ; mai et septembre offrent lumière et calme relatif.
Comment visiter : bateau, train ou voiture ?
Les trois se combinent. Le train (ligne de Bergen, embranchement de Flåm) et les croisières couvrent l’axe classique sans conduire. La voiture, elle, ouvre les routes panoramiques — Trollstigen, route de l’Aigle, Atlanterhavsveien — et les ferries qui relient les rives. Un road-trip donne la liberté d’horaires ; le rail-bateau supprime la logistique.
Combien de jours prévoir ?
Comptez au minimum trois jours pour un aperçu (Bergen, Nærøyfjord, Flåm). Six à huit jours permettent d’ajouter le Geirangerfjord, le Hardangerfjord et une randonnée au Preikestolen sans enchaîner les étapes à marche forcée. Deux semaines ouvrent la porte des Lofoten et du Nord.
Croisière ou road-trip ?
La croisière (Hurtigruten, excursions à la journée) convient à qui veut contempler sans organiser ; elle donne accès à des points de vue inaccessibles par la route. Le road-trip récompense l’autonomie et la photographie, au prix des réservations de ferries. Beaucoup panachent : quelques nuits en voiture, une croisière en point d’orgue. Les décors minéraux d’Oman offrent, dans un tout autre registre, la même prime au voyage lent.
Photos : Pexels (crédits sous chaque image).