Des criques d’eau turquoise cachées sous des falaises de pins, des villages blancs suspendus au-dessus de la mer, un sentier de contrebandiers qui longe le littoral, et la table la plus primée d’Espagne à une demi-heure de là : la Costa Brava est bien plus que des plages. C’est la Méditerranée dans sa version la plus sauvage — et la plus raffinée.
La Costa Brava — la « côte sauvage » — s’étire sur la province de Gérone, au nord de la Catalogne, de Blanes jusqu’à la frontière française. On y vient pour les criques et le Camí de Ronda, pour Dalí et Cadaqués, pour les villages médiévaux — et pour l’une des plus belles concentrations de tables étoilées d’Europe.
Ce guide réunit l’essentiel : les plus belles criques, le sentier du littoral, Cadaqués et le cap de Creus, Tossa et les villages, le triangle Dalí, Girona, la gastronomie, un itinéraire de quatre jours et la logistique.
La Costa Brava, la côte sauvage de Catalogne
Le nom dit tout : brava, la côte « sauvage ». Sur près de 200 kilomètres, le littoral de Gérone alterne criques de galets et de sable, falaises couvertes de pins et petits ports de pêche. C’est l’une des plus belles côtes de la Méditerranée, celle qui inspira Dalí et une génération d’artistes — préservée, par endroits, comme il y a cinquante ans.
Les plus belles criques
Les calas sont l’âme de la Costa Brava. Autour de Begur, on enchaîne Aiguablava — dont l’eau turquoise compte parmi les plus belles de Méditerranée —, la pittoresque Sa Tuna et la familiale Sa Riera. Autour de Palafrugell, le trio Calella, Llafranc et Tamariu aligne maisons blanches et barques colorées. Beaucoup de ces criques se méritent : on y descend à pied, à l’écart des routes.
Le Camí de Ronda, le sentier du littoral
C’est la plus belle façon de découvrir la côte : le Camí de Ronda, ancien chemin de guet et de contrebandiers, suit le littoral au plus près sur près de 200 kilomètres, de Portbou à Blanes. On le parcourt par tronçons : entre Calella et Llafranc, ou autour de Begur, il relie les criques par des sentiers taillés dans la roche, au-dessus de l’eau. Une randonnée facile, ponctuée de baignades.
Cadaqués et le cap de Creus
Au bout de la côte, Cadaqués reste le village le plus envoûtant : maisons blanches empilées autour d’une église, ruelles pavées, lumière crue qui attira les peintres. C’est ici, à Portlligat, que Salvador Dalí installa sa maison-atelier, aujourd’hui musée.
Juste derrière s’étend le parc naturel du cap de Creus, point le plus oriental de la péninsule ibérique : un chaos de roches sculptées par la tramontane, plongeant dans une mer d’un bleu profond. Un paysage lunaire, à parcourir à pied jusqu’au phare.
Tossa de Mar et les villages
Plus au sud, Tossa de Mar dresse au-dessus de sa plage la Vila Vella, seule ville fortifiée médiévale encore intacte de la côte catalane — remparts et tours des XIIe-XIVe siècles, qui inspirèrent Chagall. À l’intérieur des terres, les villages médiévaux de Pals, Peratallada et Monells semblent figés dans la pierre, et les ruines gréco-romaines d’Empúries rappellent que les Grecs abordèrent ici.
Chaque village de pêcheurs a gardé son âme : à Calella de Palafrugell, les maisons blanches trempent presque dans l’eau, sous leurs arches de barques.
Le triangle Dalí
La Costa Brava est le pays de Salvador Dalí, et l’on suit ses traces en trois lieux. Le Teatre-Museu Dalí de Figueres, œuvre-testament coiffée d’œufs géants, est le musée le plus visité d’Espagne après le Prado. La maison de Portlligat, près de Cadaqués, fut son atelier face à la mer. Et le château de Púbol, qu’il offrit à sa muse Gala. Portlligat et Púbol se visitent sur créneau réservé : pensez à réserver.
Girona, l’escale culturelle
À une demi-heure des plages, Girona mérite une journée. Sa vieille ville aligne les célèbres maisons colorées sur l’Onyar, l’un des quartiers juifs (le Call) les mieux conservés d’Europe, et une cathédrale à la plus large nef gothique du monde. Les amateurs reconnaîtront les décors de Game of Thrones ; en mai, la ville se couvre de fleurs pour le festival Temps de Flors.
La table : El Celler de Can Roca et l’Empordà
La région est un sommet gastronomique. À Gérone, les frères Roca tiennent El Celler de Can Roca, trois étoiles Michelin plusieurs fois élu meilleur restaurant du monde. Autour, trois deux-étoiles — Les Cols à Olot, Miramar à Llançà, Bo.TiC à Corçà — et une dizaine d’une-étoile.
Mais la Costa Brava se savoure aussi simplement : les anchois de L’Escala, les vins de la DO Empordà, et la cuisine mar i muntanya (« mer et montagne ») qui marie langoustine et poulet, seiche et boulettes. Une table de bord de mer, un verre d’Empordà : le luxe est parfois là.
Un itinéraire de quatre jours
Pour découvrir l’essentiel sans courir, voici un itinéraire du sud au nord (cliquez sur une étape pour y aller) :
Jour 1 · Le sud
Tossa de Mar & Palafrugell
Vila Vella de Tossa le matin, puis les criques de Calella, Llafranc et Tamariu ; premier tronçon du Camí de Ronda.
Jour 2 · Les criques
Begur & ses calas
Journée baignade : Aiguablava, Sa Tuna, la crique de l’Illa Roja ; kayak ou snorkeling, et un village médiéval (Peratallada) en fin de journée.
Jour 3 · L’extrême nord
Cadaqués & le cap de Creus
Route panoramique jusqu’à Cadaqués, maison de Dalí à Portlligat, puis le cap de Creus jusqu’au phare ; dîner de poisson au port.
Réserver ses activités
Plusieurs expériences se réservent en ligne — kayak dans les criques, snorkeling aux îles Medes (la réserve marine de la côte), ou une journée Dalí depuis Barcelone :
Y aller et quand partir
Quelques repères pour organiser le séjour :
La Costa Brava se prolonge côté catalan : voir notre guide de Barcelone, notre escapade à Sitges, ou, plus au sud, Séville.
Cinq expériences à ne pas manquer
Cinq moments résument la Costa Brava :
Une crique au bout du Camí de Ronda
Descendre à pied vers une cala turquoise inaccessible en voiture, et plonger.
Le cap de Creus au coucher du soleil
Marcher jusqu’au phare, dans le chaos de roches qui inspira Dalí.
Un dîner chez les frères Roca
S’offrir El Celler de Can Roca, ou l’une des tables deux-étoiles de l’Empordà.
Cadaqués à la nuit tombée
Flâner dans le village blanc quand les terrasses s’allument au bord de l’eau.
Les maisons de l’Onyar à Girona
Photographier les façades colorées depuis les ponts, puis se perdre dans le Call.
Questions fréquentes
Quelles sont les plus belles criques de la Costa Brava ?
Autour de Begur : Aiguablava (parmi les plus belles eaux de Méditerranée), Sa Tuna et Sa Riera ; autour de Palafrugell : Calella, Llafranc et Tamariu. Beaucoup se rejoignent à pied par le Camí de Ronda, le sentier du littoral.
Quand partir sur la Costa Brava ?
Mai-juin et septembre sont idéaux : chaleur agréable, mer bonne et foule modérée. Août est bondé et les prix s’envolent ; l’eau est la plus chaude de juin à septembre.
Comment y aller ?
Par l’aéroport de Gérone-Costa Brava, ou par Barcelone (à ~1h-1h30 de route). En train, l’AVE Barcelone-Gérone ne prend que ~35 minutes ; on loue ensuite une voiture pour explorer la côte.
Que voir du triangle Dalí ?
Le Teatre-Museu Dalí à Figueres (l’œuvre-testament du peintre), sa maison-atelier de Portlligat près de Cadaqués, et le château de Gala à Púbol. Portlligat et Púbol se visitent sur créneau réservé : réservez à l’avance.
Où bien manger ?
La région est l’une des plus étoilées d’Espagne. À Gérone, El Celler de Can Roca (3★, plusieurs fois élu meilleur restaurant du monde) ; autour, trois deux-étoiles — Les Cols (Olot), Miramar (Llançà), Bo.TiC (Corçà). Côté produits, les anchois de L’Escala et les vins de la DO Empordà.
Faut-il une voiture ?
C’est de loin le plus pratique pour relier les criques et les villages, souvent mal desservis en transports. On peut toutefois combiner train (jusqu’à Gérone ou Figueres) et excursions guidées à la journée.